Galerie pédagogique


Prix 2019 annie et charles corrin

pour l'enseignement  de l'histoire de la shoah

memoires textiles / shoah, des destins singuliers

Lycée Louis-Le-grand à Paris

Exposition Galerie du Lycée Grand Air  Vernissage mai 2018

Mémoires Textiles

Textes et images de l'exposition

 

PROJET « Shoah : destins singuliers » - 2017-2018

Lilla Comte (1e L)

 

 

Notre projet s’est basé sur l’étude des destins singuliers de familles juives qui vivaient en Loire-Inférieure au moment de la Seconde guerre mondiale.

Nous avons eu l’idée de nous intéresser à des familles qui travaillaient dans domaine du textile et de la confection. Notre étude, réalisée par deux classes de 1ère ES et une classe de 1e L, a reposé sur une cinquantaine de familles. J’ai choisi de travailler sur la famille Besso, industriels dans la confection. Notre objectif a été de mesurer à la fois ce qui relevait de la vie singulière de chaque famille, mais aussi ce qui constituait une histoire collective des Juifs d’Europe.

 

Notre projet a d’abord été une démarche de recherches historiques.

Nous avons travaillé en salle multimédia sur différents sites : l’AJPN (Anonymes, Justes et Persécutés durant la période nazie) ; le Mémorial de la Shoah, le Mémorial de Yad Vashem à Jérusalem), mais aussi sur le site du Lycée Galilée à Guérande, qui avait effectué un immense travail sur les familles juives de la région. Nous avons également consulté en ligne le site des Archives départementales.

Nous avons justement effectué deux déplacements à Nantes aux Archives départementales, où nous avons consulté des documents de l’administration sous Vichy : fiches individuelles du recensement de 1940, déclaration des biens et des entreprises, spoliations et aryanisation, arrestations… Nous avons pu confronter les sources à la fois des autorités françaises et allemandes, et mettre concrètement en évidence la collaboration entre les deux régimes. Nous avons constitué des biographies par familles. Ainsi, ma classe a travaillé sur la famille Besso. J’ai placé dans ce dossier quelques uns des documents, personnels ou administratifs, concernant les Besso : des photographies des enfants, une lettre et les listes d’arrestation et de déportation sur lesquelles leurs noms figurent.

 

Notre projet comprenait aussi un déplacement à Paris et à Drancy : il a été possible grâce au financement de la Fondation Maginot.

A Paris, nous avons visité le Musée d’Arts et d’Histoire du Judaïsme (MAHJ), où nous avons réalisé un atelier sur la mémoire, en relation avec l’œuvre de Christian Boltanski. Cet artiste est né en 1944 dans une famille juive et a été un enfant caché qui a échappé à la Shoah. Son œuvre est empreinte de références à la mémoire individuelle et collective, à la mort, aux traces, aux souvenirs, à la séparation et à la conservation des documents, notamment des vêtements.

La même journée, nous sommes allés à Drancy, au Nord de Paris, le grand camp de transit par lequel la majorité des Juifs français ont été déportés à Auschwitz. La famille Besso en faisait partie et cela a été une grande émotion de se trouver à l’endroit-même où ses membres étaient arrivés, avaient été enfermés plusieurs jours, avant d’être déportés vers la Pologne, où ils ont tous été exterminés.

 

Les réalisations plastiques.

L’étude des familles et la mise en perspective plus globale de leur destin nous ont conduits à des réalisations à la fois historiques et plastiques.

Nous avons étudié les œuvres de Christian Boltanski, qui ont justement comme support des photographies, associées ou non à des vêtements, qui ne sont pas sans rappeler les murs de noms et de photographies de disparus, tout comme les vêtements stockés au Kanada à Birkenau  (Réserve Canada en 1988 ou Monumenta au Grand Palais en 2010). Le travail d'un autre artiste nous a aussi été présenté : Michel NEDJAR, né en 1947, qui travaille sur la mémoire de la Shoah et le textile, et dont l’œuvre « Les Poupées de Pourim » est exposée au MAHJ.

Notre professeur d’Arts plastiques, Madame H. Villapadierna, a toutefois voulu que ces réalisations soient ouvertes au plus grand nombre, y compris à des élèves non-plasticiens, et restent simples à mettre en œuvre et accessibles à tout public.

 

Une proposition artistique nous a été faite afin de réaliser un projet personnel.

La demande était la suivante : « Présentez votre tissu de mémoire », pour contribuer à une installation photographique par classe sur les murs de la galerie pédagogique du Lycée.

Parmi toutes les familles étudiées au cours de l’année, 14 ont été retenues, car les recherches ont permis de retrouver des photos. Nous avons chacun choisi une photographie et un format, qui peut aller du médaillon au format A3. La photographie a ensuite été recouverte d’une pièce de tissu. Ce dernier a été choisi par chacun en fonction de la famille qu’il a étudiée, de son activité dans le domaine de la confection, d'un détail vestimentaire observé sur la photo....

L’ensemble des photos constitue une installation sur 3 murs, soit 67 travaux individuels. Le spectateur est invité à soulever le tissu pour dévoiler une photo, une personne, une famille.

Nous avons chacun rédigé un texte rappelant la biographie de la personne ou de la famille étudiée ainsi que son choix de présentation. Ce texte est également mis à disposition du public, qui après une approche de découverte sensible, a ainsi accès à des informations obtenues par le travail d'enquête fait en histoire.

Deux caisses en bois contiennent ces documents : l’une contient les textes expliquant la démarche avec l’échantillon du tissu choisi ; l’autre la reproduction des archives françaises et allemandes relatives aux familles étudiées.

Nous avons présenté notre exposition, d’abord dans la Galerie du Lycée, le 15 Mai. Puis nous nous sommes rendus à Nantes à l’Hôtel de Région le 24 Mai, présenter notre projet aux autres lycées, aux élus et aux représentants du Rectorat, du Mémorial de la Shoah et de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah. Nos réalisations figurent désormais sur des panneaux qui rendent l’exposition itinérante et visible par d’autres lycéens de la région.

  

Louis GIRAUD 1L 

La famille Besso

Jacqueline et Janine

 

Jacqueline et Janine Besso sont les filles de Linda Besso, elles ont un frère, Marc dit Freddie. D’origine gréco-anglaise, cette famille juive s’était installée à La Baule en 1939, à la villa Martine, suite à l’invasion allemande de la Belgique,  après avoir vécu dans diverses villes européennes dont Venise et Bruxelles. Cette famille travaillait dans le milieu du textile, dans la filature de coton. Le père des enfants est mort peu avant la guerre. Jacqueline est née le 11 juillet 1924 à Bruxelles et sa sœur, Jannine, le 5 juillet 1927 à Bruxelles aussi. La famille se fait recenser le 8 novembre 1940 sous le numéro 139. Elle est arrêtée le 15 juillet 1942 puis transférée à Angers. Transférée au camp de Drancy le 13 octobre 1942, la famille sera déportée par le convoi n° 45 du 11 novembre 1942 de Drancy vers Auschwitz. Jacqueline et Janine meurent en déportation le 16 novembre 1842.

 

Cette photo de Janine et Jacqueline m’a touchée pour le bonheur que l’on ressent en la voyant, la pureté et l’innocence de cette jeunesse. Cette photo a été prise devant la villa Martine.

 

Plusieurs matières ont été utilisées pour composer ce tissu : de la toile de jouy, un tissu fleuri de roses, et des papillons en tissus. Ce sont des tissus en coton.

 

Ce tissu réalisé a pour but de retranscrire l’insouciance heureuse des jeunes filles. Les fleurs rouges rappellent leur vitalité, la soif de vie qu’elles inspirent. La toile de jouy, avec un motif de maison, évoque la villa Martine, on y retrouve encore des éléments végétaux. Les végétaux, les plantes sont la vie qui bourgeonne, qui croît en elles. Les papillons sont des éléments beaux, gracieux, légers quand ils volent, pleins de vie, d’insouciance aussi, mais éphémères. Ainsi ce tissu montre l’éphémère bonheur de ces jeunes filles.

 

 

VASSAL Anouk  1ère

Mémoire textile

La photographie que j’ai choisie pour répondre au sujet « Mémoire d’Auschwitz » représente la famille Besso lors d’un repas de famille. Cette famille juive d’origine gréco-anglaise a d’abord vécu en Egypte, à Milan et Bruxelles avant de s’installer l’été 1939 à La Baule, dans la Villa Martine près de l’Avenue Cavalière. Linda, la mère, et Jacqueline, Janine et Freddy, les trois enfants âgés de 18 ans à 13ans, ont subi dans la nuit du 15 au 16 juillet 1942 la rafle organisée dans la région de la préfecture de Saint-Nazaire où ils étaient inscrits en tant que personnes juives. Après avoir été emmenés successivement à Angers, Tours et Drancy, ils ont tout les quatre été déportés au camp d’Auschwitz dans le convoi numéro 45. Aucun d’eux n’a survécu à leur déportation dans le camp d’extermination.

J’ai choisi d’utiliser la photographie les représentant dans leur quotidien, au beau milieu d’un repas avec leurs amis et famille, pour illustrer l’insouciance des familles juives comme la famille Besso avant leur déportation. Cette photographie les montre joyeux et unis et créent ainsi un contraste avec la déchirure, la blessure causée au peuple juif que j’ai tentée de représenter à travers mon tissu.

Je me suis servie de plusieurs fragments de tissu pour créer la pièce qui recouvre la photographie. Ces fragments de tissu proviennent de vêtements usagés comme des cravates ou des chemises qui, à travers leurs couleurs, peuvent rappeler celle des uniformes des déportés dans les camps de concentration ou d’extermination. En cousant les tissus les uns avec les autres, j’ai cherché à donner l’impression d’une déchirure mais également d’une « raccommodation », d’une réparation qui illustre la volonté du projet, étant de participer à la mémoire du génocide juif.

Emma PICCARRETA

1er L           

« Un sac de mémoire »

 

Cette photo présente la famille BESSO, ici deux femmes et un jeune garçon : Jacqueline née le 11 juillet 1924 ; Jeannine ; née le 5 juillet 1927 et Freddie né le 18 février 1929. Cette famille a beaucoup voyagé, notamment en Egypte ou se crée leur industrie de textile. Ils ont également vécu à Manchester et à Milan de 1934 à 1938. Ils s’installent en 1939 à la Baule, précisément à la villa Martine. C’est à la Baule que la famille a été  arrêtée par les troupes allemandes et déportée au camp d’Auschwitz. 

Le choix de la pratique du tissage dans mon projet évoque les liens de famille et le cuir noir rappelle ici les sacs des jeunes femmes. J’ai sélectionné cette photo car je l’apprécie particulièrement pour son charme. C’est une photo chic avec un  très beau décor et qui résume leur milieu de vie avant la déportation. Ils sont tous habillés de manière élégante devant une grande maison avec un décor ancien qui inspire la nostalgie. J’ai donc essayé de travailler sur la famille heureuse, encore inconsciente des événements futurs. Il était donc dans mon devoir de combiner avec le cuir par le tressage le matériau des sacs et les liens qui unissaient les trois membres de cette famille.

Expositions  2018

Exposition "D'un film une image fixe", Galerie du lycée, novembre 2018

Exposition "Sculptures", Galerie du lycée, octobre 2018

Exposition Mémoires textiles, Mémoire de la SHOAH, Galerie du lycée

Exposition Infiniment grand, infiment petit, Chapelle Sainte Anne, La Baule

Exposition des élèves de 1ère L spécialité "C'est du cinéma"

Film de science-fiction sorti en 1982, l’action de Blade Runner se déroule en 2019 à Los Angeles. Deckard, un ancien «Blade Runner», policier spécialisé dans la traque de répliquants (robot humanoïde habituellement dans l'espace), est chargé de retrouver la trace de quatre d'entre eux qui se sont introduits dans la ville. Son seul indice pour les détecter : les répliquants n'ont pas d'affectivité, donc pas de mémoire.

 

Cette installation est une transposition de la scène finale où Roy Batty, principal répliquant, meurt. Cette scène met en avant Batty comme une figure christique avec des stigmates : le clou enfoncé dans la main (annonce de sa mort prochaine), sang sur le visage, presque entièrement dénudé. Batty sauve Deckard. Cela amène une des problématiques principales du film : en quoi sommes-nous des êtres humains (plus que les réplicants à notre effigie) ? En sauvant Deckard, Batty fait la  preuve de son humanité.

 

La rétro projection rappelle les ombres et jeux de lumière très présents dans la scène en question et surtout la salle de cinéma.

 

Louis GIRAUD 1ère L spé


Expositions  2016/2017

Exposition des élèves de la section "Rives sauvages"


Exposition du FRAC des Pays de la Loire : "Rives Sauvages"


"Les Chasses Du Comte Zaroff", Exposition de SYLVIE COULON

Une troisième exposition de l'artiste Sylvie COULON, peintre avec les élèves de l'enseignement d'exploration Arts visuels sur le thème "D'un film: une oeuvre fixe" proposée par l'artiste, permettant une réelle initiation au montage de l'exposition et à l'accueil lors du versnissage.


Exposition "Boîtes d'archives" voyage à Auschwitz

Boîte d'archives d'Enora Darcel

"Pour ce projet, j'ai choisi de représenter ce qui m'a le plus marqué à Auschwitz: les cheveux. La salle remplie des deux cotés avec les deux tonnes de véritables cheveux m'a complétement bouleversée.C'est à ce moment là que je me suis rendu compte de l'horreur vécue dans ces lieux.

J'ai donc décidé de rendre hommage à toutes ces personnes qu'on avait tondues en récoltant des mèches de mes proches et connaissances. Je les ai placées dans des sachets transparents afin de les laisser visibles. J'ai ensuite agrafé sur les sachets les dates de naissance  sans leur prénom, afin de rappeler les tatouages des prisonniers et la suppression de leur identité


"Quelle belle performance", exposition du FRAC des Pays de la Loire

"Pour la deuxième année consécutive, le lycée Grand Air invite dans la galerie du CDI une exposition du Frac des Pays de la Loire. Cette année, en collaboration avec une conseillère pédagogique, les élèves du collège et des écoles du secteur sont invités à participer à des présentations animées par des lycéens, médiateurs volontaires.

Cette expérience de la médiation, souvent une première pour nos élèves, est à la fois un exercice pour l'oral mais surtout une manière de voir et d'appréhender les œuvres autrement : avec un regard d'enfant."

Hélène Villapadierna, Professeur d'art plastiques lycée Grand Air, La Baule (avec la participation des élèves de l'école élémentaire Paul Minot, La Baule)


Intervention de Carole Douillard, artiste, Galerie Pédagogique Lycée Grand Air


ExpostionS  2013

"Dessins de fil" travaux d'élèves et oeuvres du FRAC des Pays de la Loire